Le Gamelan Nusa Cordon
NUSA CORDON, un Gamelan balinais de type Gong kebyar en mode pélog
Le Gong Kebyar, inventé vers 1915, est la réunion de 2 grands types de Gamelan pelog métalliques, puisqu’il ajoute aux gongs du Gamelan Gong Gedé (d’usage rituel), les claviers des Gamelan Pelégongan (d’usage de cours) destinés aux danses et au théâtre classique.
Le terme Kebyar évoque à la fois l’éclosion d’une fleur et le « Byyaarrr » d’une explosion.
Il se détermine par un style musical éclatant, audacieux, qui prend des libertés avec les conventions classiques et qui, jusqu’à nos jours, sonne « contemporain » aux oreilles occidentales. Le genre Kebyar est caractérisé par des préludes et des interludes non mesurés où sont permis tous les effets : envolées de contrepoint, clusters arrachés aux claviers, explosions d’accords à l’unisson (« Byyaarrrrr »), tutti regeurs, points d’orgue, solos de pupître en réponse, rebonds de notes comme des cercles dans l’eau, etc…

C’est en étudiant la place de chaque instrument dans le Gamelan que l’on comprend son architecture. Voici les familles d’instrument que l’on retrouvera le plus fréquemment :
Les instruments colotomiques ou métrique
Les Gongs (suivant leur ordre de grandeur)
- Le gong Ageng, le plus important est le Gong Wadon (mère, au sens de matrice). Il contient toutes les harmoniques de ce Gamelan ;
- le Gong Lanang (père, contenu dans le Gong mère) ;
- le gong Kempur (ou Kempul) ;
- les gongs Kempli (ce dernier joue en général un sustenuto, sur lequel se guide l’ensemble des musiciens pour conserver la mesure), Kemong et Tawa tawa.
Les instruments pour la mélodie de base : Les métallophones
- Le Jegogan dit Jegog, métallophone à 5 lames qui joue le rôle de la basse ;
- Les Calungs est un métallophone à 5 lames, un octave au dessus des Jegog ;
- Les Penyacah qui comportent 7 lames et ont le même rôle que les Calung ;
- L’Ugal, fait de 10 lames (2 octaves), instrument unique à qui l’on confie la mélodie ;
- Les Pemade, construits comme l’Ugal mais 1 octave au dessus, qui jouent aussi la mélodie.
Les instruments pour la mélodie élaborée (broderie)
Les carillons de gongs et petits métallophones :
- Le Réong : fait de 12 petits gongs bulbés placés les uns à côtés des autres en fonction de leur taille sur un cadre en bois. Joué par 4 musiciens, c’est l’instrument le plus difficile car il exige une parfaite synchronisation de frappe…
- Les Kantilans : associés en paires, ils comportent 10 lames (2 octaves). Ils se partagent la broderie selon des motifs rythmiques appelés kotékan.
Les instruments rythmiques : les tambours
C’est par leur appel que les musiciens savent quel morceau ils vont jouer et à quel tempo (vitesse).
- Kendang sangse (femelle) et Kendang polos (mâle) : tambour à double peau ;
- C’est un cylindre de bois où à chaque extrémité est tendue une peau. Il est joué à la main et/ou avec une baguette ;
- Ceng ceng, jeu de cymbalettes en forme de tortue dragon ;
- Tepyak, paire de grandes cymbales tenues à la main.
Non seulement tous les instruments d’un même Gamelan sont fabriqués ensemble par un spécialiste (le Pande), mais leur accord est définitif et spécifique à chaque orchestre. Il est donc impossible de monter un Gamelan à partir d’instruments de diverses origines ou de mêler les composants de deux Gamelan.
La plupart des instruments qui tiennent la mélodie de base et la broderie sont disposés par paires accordées avec un écart de quelques commas qui, brisant ainsi les harmoniques, créent des battements qui amplifient les vibrations et donc l’ampleur des sonorités. L’un est accordé légèrement plus haut (accord ngisep) que l’autre (accord ngumbang).
Ces instruments sont frappés d’une main par des maillets ou marteaux (panggul) tandis que l’autre main étouffe avec le pouce et l’index les résonances de la lame précédemment frappée (en effet, les vibrations de chaque lame doivent être arrêtées avant de frapper la lame suivante pour éviter la « bouillie sonore » et « l’illisibilité musicale »).
Le Gamelan NUSA CORDON a été construit l’hiver 1999 par I Made Gabeleran de « Sidha Karya »“, au village de Blahbatuh.. Il est arrivé en France le 6 avril 2000. Il comprend :
- 1 Gong Wadon (mère) ;
- 1 Gong Lanang (père) et 1 Kempur (ou Kempul) ;
- 1 Kempli, 1 Kemong et 1 Tawa Tawa ;
- 2 Kendang polos et 2 Kendang sangse ;
- 1 Ceng Ceng ;
- 1 Réong ;
- 1 Terompong ;
- 1 Ugal ;
- 4 Pemade ;
- 4 Kantilan ;
- 2 Penyacah ;
- 2 Calung ;
- 2 Jegog ;
- 6 paires de Tepyak ;
- 2 Templeblok ou balaflok. tambours de bois issus des tambours d’alarme installés à l’entrée du village qui, aujourd’hui encore, convie les villageois aux réunions de Subak (coopérative agricole) ou de Banjar (quartiers de village).
