La compagnie Nusa Cordon


Ateliers de pratique

Ateliers de pratique : démarche et contenu

C’est la mise en situation immédiate des participants qui est à la base du fonctionnement de Jean Pierre Goudard. Comme à Bali, l’apprentissage se fait de manière orale.

Tout d’abord dans un rapport de découverte des différents objets composant le Gamelan qui respecte un temps d’émotion face à la beauté des sculptures, au jaillissement des couleurs, la puissance, la profondeur et parfois l’étrangeté des sons produits. Ce temps s’articule sur une mise en perspective de l’instrument avec son origine socio culturel (d’où vient-il, à quoi sert-il, pour qui, pourquoi ? Java et Bali…). Ce moment est adapté à l’âge des participants et à la durée de l’atelier.
Ce temps permet aussi de se familiariser (et de mémoriser) avec les noms et les emplacements. Il vise à installer chacun dans un certain rapport aux autres et aux sons, dans la nécessité d’une qualité d’écoute mutuelle qui est au cœur de la pratique du Gamelan.
Puis un référent sonore, clair et précis (avec la derbouka dans un premier temps, au Kempli du Gamelan plus tard) permet d’entendre trois niveaux de pulsation simultanément. Outre que cela permet d’évaluer rapidement l’aisance rythmique et corporelle des participants, ce référent constitue un appui qui facilite l’installation rapide d’une grande partie des instruments dans leurs rôles et fonctions, ainsi que la colotomie des gongs. Une mélodie ultra simple sert de support à cette mise en jeu, offrant l’occasion de s’affronter en douceur à l’une des difficultés de cette pratique musicale : l’étouffement du son précédent avec la frappe simultanée du son suivant.
A partir de cette base, Jean Pierre Goudard organise les échanges de postes entre les participants (sur un Gamelan, tout le monde sait tout faire !!!) qui découvrent les différents rôles par rapport à une même mélodie et la variété de l’organisation sonore des instruments. Par simple décalage de la série mélodique première, le jeu musical s’amplifie et s’organise en cycles, sollicitant la mémoire, la motricité des mains et le partage des responsabilités (tempo, départs/arrêts, décompte des cycles….) selon le poste occupé (pas de chef sur le Gamelan).

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Le groupe est alors prêt pour s’aventurer plus avant selon deux axes (explorés en alternance à partir de différentes modalités liant la fatigue, la durée de l’atelier, la curiosité, les facilités musicales, les attentes du groupe et la nature du projet…) :

  • l’apprentissage de pièces balinaises traditionnelles (Baris, Tabut teluh…) où de compositions de Jean Pierre Goudard pour Gamelan. La durée des pièces sollicitera encore davantage la mémoire. Des motifs rythmiques plus complexes y seront développés, notamment aux Kendang (tambours). Ils permettront d’aborder le jeu musical collectif à quatre sur le Réong, à deux sur les Kantilan, selon des formules appelées KOTEKAN (prononcer cotécane) ;
  • un rapport du Gamelan avec la voix et le corps, à l’image de sa mise en situation à Bali (opéra, danse, théâtre d’ombres, de masques, de marionnettes…), mais dans un autre contexte (puisque hors de la culture où il trouve sa place et sa nécessité).
    C’est donc dans un rapport à l’improvisation et à la création que les participants sont invités à poursuivre. Ce temps se nourrit de la démarche artistique contemporaine de Jean Pierre Goudard, de sa pratique de compositeur et de musicien. Cependant, l’orchestration s’organise dans un respect de la tradition balinaise, tout en cherchant à impliquer chacun dans sa réalité (personnelle, musicale, géographique, humaine…). Selon, la nature et la complexité des projets, un codage sera utiliser en appoint. Il sera alors constitué de chiffres (comme le font parfois les balinais) ou il reprendra un système de partitions circulaires, initiées par l’ethnomusicologue Kati Basset, et que Jean Pierre Goudard a repris et développé.
    La poésie, le texte l’image, la danse… sont autant de vecteurs d’expression qui vont pouvoir, selon les projets, se confronter et se nourrir avec le Gamelan. Ils vont tisser avec lui un espace particulier, qui tout en s’appuyant sur les fondamentaux de ses origines, va lui donner un sens nouveau, propre aux participants du moment.